Sarrdanapale

L’OPA Bastille

In 12, Bars, Boîtes on février 19, 2009 at 10:27

alois et fahdL’OPA Bastille n’achètera pas publiquement mes sentiments. Certes, réhabiliter une ancienne fabrique est toujours une démarche intéressante. Mais pourquoi n’avoir pas garder un peu de béton et des vieux débris rouillés ?

Comme si la sueur et le sang devaient forcément disparaître. Ils auraient très bien pu rester à voguer dans l’air ambiant, pour stimuler et exciter les quidams de passage. J’aurais souhaité un zinc dégingandé, des poufs éventrés et des amoureux qui se tripotent dans les coins, tatoués, balafrés et un peu malades.

Las ! Nous sommes à Bastille, de l’autre côté certes, direction gare de Lyon, mais tout de même, ambiance lounge et garnements en slim. Le lieu est agréable, mais pourrait être mieux. Surtout que le groupe de ce soir-là, Sir No Sir, me déçoit, pas assez rock par rapport au Myspace. Et what a bad idea de réserver l’espace devant la petite scène aux tables basses et coussins et de relayer les gens debout à l’arrière. Musique est mouvement.

Pourtant, Monsieur non ! l’ambiance est à la Révolution. Ce matin-là, déboulant en vélib’ le long de la rue de Gay Lussac, j’avais envie de crier, «ce vouloir obscur» et «cette soif irrémédiable». Une aspiration à la poétique, un peu puérile, à mi-chemin entre un Werther souffreteux et un Frédéric Moreau de 48. L’on me susurre Julien Sorel. Peut-être.

Je ne sais pas d’où cela vient. J’essaye pourtant chaque jour de ne pas penser, comme on me l’a appris. Peut-être résonance de l’appel des intellectuels antillais ; lu la veille. Je ne sais pas.

Ce n’est que la nuit venue, de retour de l’OPA, un peu ivre, au carrefour de la rue de la Reine Blanche, de la rue Ourdy et de la rue Lebrun ; en descente, espace étroit et résonnant ; je me lève ; droit sur mon vélib ; tend mon poing et hurle – aussi fort que je puisse rester grave sans dérailler vers des aigus qui m’auraient amené à imiter bien malencontreusement la légitime persécutrice d’AliceLiberté !

(l’écho)

Liberté !

Une seule fois suffit à me rendre heureux pour les trois prochains jours. Je sais que la poésie et l’action déboulent ailleurs en ce moment, en Guadeloupe, là où les mauvaises consciences de notre temps rugissent. Mais, à Paris, ce soir-là, je n’avais que l’OPA, les gamins slimés, la bière trop chère, le groupe pas assez bon, la serveuse aux belles courbes généreuses et les deux grosses – que dis-je, énorme !- spectatrices anglaises devant moi. Assemblage hétéroclite qui m’annonçait, me hurlait, qu’il est temps de crier le nom de Liberté.

Bilan: Agréable

OPA Bastille

9, rue Biscornet 75012

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  1. J’ai décelé une faute d’orthographe dans ce post et ça me donne envie de te supprimer ta liberté d’expression
    (allez blaguouze)

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