Sarrdanapale

Bus Palladium – Soirée Kararocke

In 09, Boîtes on mars 6, 2011 at 12:24

Je ne crois plus dans le rock ‘n’ roll
Ce n’est pas à cause de cette bande de cons que tu ne vas plus y croire. Ils sont moches, ils sont cons.

Bus Palladium. Soirée Kararocke (ici, une personne prénommée Cassandre Van Der Have explique  que c’était branché en 2010) ou quelque chose comme ça. Quatre gamins de 16 ans, dont une grande perche de plus de deux mètres, s’égosillent sur une musique dont j’ai déjà oublié le nom. Ils sont tirés à quatre épingles, ils sont rock apparemment.

Je n’y crois plus

Le premier samedi du mois, Ullman et son groupe – des vieux briscards – font monter des gens au hasard – plus ou moins – sur scène et jouent des grands classiques, de Nirvana à Metallica en passant par Iggy Pop. Subjectivement, c’est bien. Facile de se laisser prendre, de danser et de crier. Tu es emporté par la foule, tu n’es jamais mis en danger.

La boîte est pleine, des vieilles avec des blousons en cuir noir, et des jeunes filles de 17 ans, principalement. Elles viennent de quartiers où je mets rarement les pieds, le 16ème, le 17ème, ou la banlieue chic. Dans le fond, je n’en sais rien, mais je juge sur l’apparence.

Vous savez, ce n’est pas de ma faute.
Les préjugés, la peur.

Une grosse chante sur seine. Son maquillage de gothique et ses seins débordent.

Je n’y crois plus.

La foule hurle à tout va. Born to be wild ou My Generation. Depuis combien de temps on radote My Generation? Et d’abord, celle de qui? Le Bus Palladium est un îlot, agréable certes, mais cela reste un vase clos où l’on regarde le passé. Je comprends, tard sans doute, 30 ans après tout le monde, que la révolution, qui vient, et elle vient vite, ne se fera pas avec le rock ‘n’ roll en musique de fond.

Le dürum de la rue de Clignancourt est excellent. A Bastille, à l’aube, je vois des milliers de gens qui remontent la rue du Faubourg Saint-Antoine, en collants moulants et fluos. Ils courent dans le froid comme des dératés, alors qu’il est à peine 11h30. Le monde est foutu.

Bilan: Agréable

Bus Paladium
6 rue Fontaine
75 009 Paris

Mains d’oeuvres (10 ans)

In Banlieue on décembre 19, 2010 at 5:08

Nous allons chanter des chansons d’amour
des chansons d’amour et de politique
des chansons d’amour et de mort
des chansons d’amour et d’animaux
des chansons d’amour
et en prime vous aurez droit à un débat philosophique
Le bon coup existe-t-il?

Il est 2h30 à Mains d’Oeuvres ce dimanche matin, qui fête ses dix ans. Les Vraoums, trois filles, du cabaret «post-burlesque-folk», montent sur la scène de la salle Star Trek. Malgré les jeux de mots et les costumes, nous nous endormons un peu dans les sièges confortables, nous arpentons les étages depuis un bon moment déjà.

A Saint-Ouen, ce soir-là, beaucoup de monde. Certains ne peuvent pas rentrer. Très vite le fumoir est dépassé, les gens clopent un peu partout. Une douce odeur embaume parfois nos narines. Les filles sourient.

Dans une des premières salles, je ne sais pas le nom, je ne sais pas grand-chose, c’était au rez-de chaussée en tout cas, une groupe brésilien rend tout le monde heureux entre minuit et une heure et demi du matin. Ca parle d’amour, ça parle de liberté, ça parle de voyage, ça ne s’arrête pas. Un homme monte sur la table, au milieu des musiciens, il renverse les bières, il bouscule les instruments, il a l’air idiot, mais heureux. Nous sommes tous des imbéciles heureux. Selon les salles, nous sommes à Rio, Berlin, Londres ou à Memphis, Tennessee. Nous sommes à Saint-Ouen.

Cela en devient louche. Une excellente soirée aux portes de Paris, une bonne ambiance idéale entre concerts, boîtes, petits gâteaux et discussions entre amis, les Dieux, c’est sûr, vont forcément récupérer leur dû.

Le lendemain, je me réveille, Jacqueline de Romilly est morte. Elle est partie enfin rejoindre Alcibiade, mais elle nous laisse seuls.

Maintenant que tu es mort et que je suis toujours vivant, tu peux m’éclairer.
Que veux-tu?
Savoir.
Quoi ?
Dans le royaume sombre, que voit-on ?
Rien.
Quoi, rien, Cerbère ?…
Fariboles, pas de Cerbère.
Et le Noche et les oboles qu’on lui doit ?
Pas de Charon, pas d’Achéron.
Et le juge ?
Pas de Minos.
Mais
Rien, la mort…

Bilan: Indispensable

Mains d’Oeuvres
1 Rue Charles Garnier
93400 Saint-Ouen
01 40 11 25 25

Le Pop In

In 11, Bars on novembre 17, 2010 at 10:59

Le Pop In. Rue Amelot, tout près de Fille du Calvaire, du Panic Room ou de l’Autobus. Trois groupes ce soir-là, je ne sais déjà plus les noms, cela n’a pas vraiment d’importance.

La première chanteuse a des jolies chaussures en cuir beige, mais elle n’est pas très jolie. La deuxième est plus belle, sa robe rouge flotte joliment dans l’air confinée de la cave mais elles n’auraient pas dû mettre ces bottes trop hautes.

En toute logique, la soirée avançant, la troisième devrait être presque parfaite. Nous attendons avec impatience. Malheureusement, un homme monte sur la petite scène. Seul. Il vient de Nashville, Tennessee. Normalement, après Nasville, Tennessee, tout est dit, il n’y a rien à ajouter.

(Sa bassiste là-bas était belle.
Ils étaient amoureux cet été.
Ils ne le sont plus.
Il a écrit une chanson sur elle.
Il erre sur les routes d’Europe pour l’oublier.)

Tout cela résonne comme une évidence.

Le matin-même, nous parlions Underground en conférence de rédaction. Qu’est-ce que c’est? Y en-a-t-il encore? Moi, je ne sais pas, je ne sais rien. Là, nous étions dans une cave. Logiquement, ce devait donc être un peu Underground du coup. Ce que je sais, c’est que lorsque l’on remonte à la lumière, il ne faut pas se retourner.

Bilan: Agréable

Pop In

105 Rue Amelot
75011 Paris
01 48 05 56 11