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Palais de l’Elysée

Dans 08, Banquets le février 8, 2009 à 4:37

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Inderweltsein a gagné le Vendée Globe virtuel, c’est une bonne nouvelle. Pour une fois, un pseudo intéressant émerge de la masse. Et me voilà, philosophe de pacotilles, à réviser mon petit Heidegger. Qu’est-ce que l’être au monde ? Que lis-je ?

“Le rétablissement des liens avec le monde est le point de départ de Sein und Zeit.” Mais “L’existence préposition absolue, telle qu’est montrée par le phénomène de l’angoisse, révèle la structure intentionnelle du Dasein comme telle, détachée des objets du monde.”

Dit comme ça, ce n’est pas très clair. Mais si je repense au moment où Sarkozy termine son discours sur les Etats Généraux de la Presse Ecrite au Palais de l’Elysée et où il descend de la tribune pour serrer des mains (amies ou ennemies ?) et où, moi, je me faufile à travers la foule- j’espère le buffet- la grande salle, et où là j’aperçois la fontaine de fondue au chocolat, je crois que l’on peut se demander : suis-je détaché des objets du monde ?

Suis-je acheté par ces petites brochettes de poulet tandoori et ces montagnes de macarons ou agis-je comme un résistant, essayant de boire (du champagne rosé) et manger tant et plus pour rembourser les impôts sur le revenu versés par trois générations de ma famille ( « I want my money back », scandait l’autre.) ?

(Suis-je finalement, pour reprendre les paroles du poète, cet Al l’alpagueur d’algues sur étoiles (de mer), avec toutes les contradictions que cela entraîne ?)

Je crois que je parle trop fort, surtout quand je déclare, “ça y est, je suis de droite”, mes amis me conseillent de me taire (In-der-Welt-Sein).

Très joyeux, je n’y pense plus, je me demande juste pourquoi il n’y a que des hommes derrière le buffet, fort sympathiques au Demorand, et pas de jolies serveuses. Fait du prince ?  Je récite où plutôt, l’ivresse, je chevrote à voix basse, un poème érotique de Verlaine qui traîne dans ma poche.

Je suis foutu. Tu m’as vaincu.

Je n’aime plus que ton gros cu

Tant baisé, léché, reniflé

Et que ton cher con tant branlé

J’ai oublié la suite. Le nom de cette bagatelle ? Reddition.

Bilan: Agréable

Salle B, Hôtel Cassini

Dans 07, Banquets le novembre 10, 2008 à 10:18

Après la déception de l’Elysée, j’étais plus que circonspect avant de passer un après-midi au 32 rue de Babylone, pour les États Généraux de la Presse Écrite.
Je ne sais plus vraiment pourquoi j’étais là-bas, il faudrait demander à mon chef, mais je me souviens qu’il y avait du monde.
Derrière un croissant surgelé, Patino et le Général d’Espeuilles.
Plus loin en train de déguster un café, Saint Simon dissertant avec quelqu’un de Publicis sur la tenue du Prince Auguste d’Arenberg.
A moins que l’homme de Publicis (en ce dimanche soir, j’ai oublié son nom, mais tout est là) discutait avec LVMH.
Mariet parlait beaucoup et Princen gribouillait des notes. Conte riait des blagues du Duc de Gramont-Caderousse tandis que Marquis, le syndicaliste, lorgnait le bronzage du Baron Nigra de l’ambassade d’Italie. Des petits pains au chocolat aussi.
Inventaire à la Prévert.
Je regardais, j’écoutais et, mine de rien, malgré ma volonté première de me concentrer sur les jus d’orange Pampryl, je trouvais la discussion intéressante même si, deux semaines plus tard, je mélange un peu les époques.

(Je n’ai malheureusement pas d’images, mon appareil photo boudait. Une jeune journaliste de Bordeaux m’avait promis de m’envoyer une ou deux photos. Ce qu’elle n’a toujours pas fait, si jamais elle lit ce petit texte…)

Bilan: Pourquoi pas

Elysée, aile ouest

Dans 08, Banquets le octobre 30, 2008 à 8:54

L’histoire de rendez-vous manqués.
Avec un agent de la paix qui paria sa paye que je n’entrerai pas dans la cour de l’Elysée.
Je le cherche encore pour qu’il honore sa parole.
Et, surtout, avec ces jus d’orange et de pamplemousse, apportés de suite par un serveur. Ils restèrent sur un coin de table tout du long, sans que nous puissions y toucher. Un peu trop à ma droite, c’est à peine si je pouvais les boire des yeux.
Et, pendant ce temps-là, Nicolas Princen nous parlait des Etats Généraux ; insensible à ces jus qui tournaient ; qui pleuraient à force de ne pas être consommés.
Je repensais à tous ces travailleurs immigrés du sud de l’Espagne ou de la Floride. Un si dur labeur, pour que les fruits du paradis finissent dans l’évier de l’Elysée, faute d’être appréciés.
Alors que nous parlions communication ou journalisme, je ne sais plus, je sentais monter en moi une indignation steinbeckienne ; cela, littéralement, bouillonnait.
Je finis par partir, triste, sevré d’oranges de la colère, cherchant désespérément dans les rues du 8ème arrondissement une femme. Pour la téter afin d’étancher ma soif inassouvie.

“Well,” said Casy, “for anybody else it was a mistake, but if you think it was a sin—then it’s a sin. A fella builds his own sins right up from the groun’.”

Les raisins de la colère, John Steinbeck

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Bilan: A Eviter

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