J’ai un peu de vague à l’âme quand je repense aux Fous de l’Ile.
Ce café/restaurant poulailler avait pourtant tout pour me séduire.
Un décor très agréable, une accumulation de poules et coqs favorables à la rêverie. Réminiscence d’enfance, quand, petit, je courais derrière les gallinacés du fermier voisin de mes grands-parents. Il était souvent ivre et n’avait que faire de ses petites poulettes. Le gros chien, Pato de son nom je crois, qui aboyait fort et la mare, un peu plus loin, largement putride.
« J’entendais presque les rumeurs de l’autre rive,
Ces rires d’enfants dans l’herbe haute,
Ces jeux des autres, à jamais des autres, dans leur joie. »*
Car il est dit que depuis le jour sombre de la disparition, certains souvenirs seront toujours tâchés.
Comme ce chocolat chaud, qui tâche mon estomac. 5 euros, un nom ronflant, le chocolat des fous, et là où le dévoreur attend explosion des papilles, chocolat presque champignon magique, il n’y a qu’une eau tiède, presque froide, vaguement colorée de merde. Une honte.
A éviter alors ? Non, peut-être pas, grâce au décor et, si l’on respecte les règles du Chocolat Viennois original, surtout grâce à la personne qui m’accompagne.
Bilan: Pourquoi pas (mais la Charlotte de l’isle, tout près, c’est beaucoup mieux)
* La Maison Natale, Yves Bonnefoy



