Sarrdanapale

Articles Tagués ‘bar’

Le Motel

Dans 11, Bars le mars 15, 2010 à 5:39

Putain il fait chaud
Putain on s’emmerde
Mais elle va le finir son discours

Discours de Martine Aubry au Cirque d’Hiver. Il ne veut pas se terminer. Un caméraman grommelle. Martine au Cirque, ce n’est pas désagréable mais j’aimerais qu’elle pense un peu à moi. Au Motel, personne ne m’attend, mais je veux voir l’inauguration de Snacht. Nouveau magazine. Un shot culturel.

Le Motel, petit bar près de chez moi, où je ressemble à tout le monde et où tout le monde est interchangeable. D’ordinaire, les shots y sont généreux. Le Mojito n’est pas mauvais et la bière est légèrement trop chère. Mais la musique n’est pas mauvaise et, surtout, les filles y sont plutôt jolies. L’assurance de pouvoir se poser au zinc et de regarder les ombres passer ; de plus en plus floues les pintes s’additionnant ; mais toujours plus fées que carabosses.

Snacht, des gens partout. Beaucoup trop de monde. La nuit de Paris n’est pas encore morte. Je me souviens d’un autre soir. Pas si longtemps auparavant. Trop de monde aussi. Toujours au Motel.

Si on changeait de bar ?

Puis la surprise. Je serai tenté de paraphraser l’autre poète :

« Tu as été l’évidence, tu n’es plus que l’énigme. Tu inscrivais le temps dans l’éternité, tu n’es que du passé maintenant, par où la terre finit, là, devant moi, comme un bord abrupt de falaise ».

Mais cela serait donner beaucoup trop d’importance alors je n’écrirai rien sauf

Putain, il fait beaucoup trop chaud

Voilà. Exactement.

Putain.

Bilan: Agréable

Le Motel

8 passage Josset
75011 Paris


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Le Penty

Dans 12, Bars le février 2, 2010 à 11:32

« Mais pourquoi on s’embête à aller loin alors qu’on a le meilleur rade de Paris en bas de chez nous ? » me demande Arnaud.

Tout est résumé. Sur la place d’Aligre, dans un coin de la rue Cotte, un bar. Avec un vieux gérant, des sièges de brasserie pourries et une télé (neuve).

Le chocolat chaud est honnête et pas cher et la bière, à 1 euro 90, à toute heure du jour et de la nuit, rafraîchit. Surtout, il y a ces petits amuse-gueules, carottes et patates dans une sauce piquante, que je ne peux m’empêcher de dévorer. Délicieux.

Dimanche, finale de la coupe d’Europe de Handball. Je la regarde en lisant Libé. L’article sur Boltanski où sa parole s’envole.

«Faut-il se consacrer à une personne, plus qu’au monde ? On dirait : il aimait tout le monde, cela l’empêchait d’aimer quelqu’un. Se consacrer au monde est un si grand engagement… Alors, on se rend forcément très égoïste… On n’est plus que son art. C’est bien. Et en même temps, c’est rassurant, c’est plus facile à vivre. Ceux qui changent la vie sont peut-être plus dignes. Ou alors ils se mentent à eux-mêmes. »

Presque toutes les populations du onzième fréquentent ce bar : les vieux pochtrons, les jeunes bobos, les arabes qui bossent au marché . Et les services de propreté de la ville de Paris (très important place d’Aligre).

Ce bar est si bien mais si particulier que jamais je n’y emmènerai une fille que je désire conquérir. Trop compliqué pour elle, surtout si elle est de bonne famille ; elle serait forcément déçue.  Je le garde comme un petit endroit secret. Pour mes camarades alcooliques et autres jouisseurs.

« Eux aussi, ils pensent : encore une minute Monsieur le bourreau. C’est la plus belle phrase d’un être humain. Aimer la vie. Dieu est un vieux salaud. Moi, je dirai cette phrase. Je veux vivre d’une mort lente, je suis trop jouisseur, j’ai trop d’amour pour cela. Je m’amuse bien, je mange bien.»

Bilan: Indispensable

PS : et sinon à regarder le clip du Parti Pirate, très bon.


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Le penty

15 rue Emilio Castelar – 75012 PARIS

La Cordonnerie

Dans 02, Bars le juin 3, 2009 à 9:27

Tu aimes les femmes ?
Oui

Elle ramène son briquet vers elle, je dois me pencher encore plus. Rue Saint-Denis. La pute est en jean, petit top et baskets. Discrète. Une blonde assez jolie. Sa collègue, brune et un peu grosse, moins. Je souhaite juste du feu.

Tu ne veux pas entrer ?
Non merci
C’est juste 50 euros
Je suis étudiant, je n’ai pas d’argent

Je continue avec mon camarade, l’on s’éloigne des sex shop et de la Cordonnerie. Un bar dans le deuxième arrondissement, parfois des concerts, les jeudi et samedi couscous gratuit pour tous à partir de 21h. Mais il faut arriver bien plus tôt pour avoir une place. La pinte, jusqu’à 8h, n’est qu’à 2euros50. Le mojito est délicieux et permet de digérer la merguez correcte et la musique très mauvaise.

J’aime ces îlots de bonnes affaires dans un Paris trop cher. Me rappelle Vienne et le Wienerschnizelplatz’l où j’allais dévorer des Schweinsemmel dans mon quartier du Prater. Je devais longer la Tabostrasse, où, à intervalle régulier, surgissait un bar à putes. Des vieilles filles publiques défraîchies ouvraient toujours la porte quand je passais et posaient l’éternelle question:

Kommst du ein ? (Tu entres ?)

Une fois seulement, à l’entrée du Piccolo, une jolie petite brune en bas et haut mode petit bateau m’invita. Une voix si jolie. Ensorceleuse…

Je n’ai pas osé

Bilan: Indispensable

La Cordonnerie
142, Rue Saint-Denis, 75002
Paris


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L’Abbaye

Dans 07, Bars le mars 22, 2009 à 4:43

Grande fête à Sciences Po mardi dernier. Pleins de jeunes que je ne connaissais pas avaient investi les locaux. A la fenêtre du premier étage, je les voyais porter des chaises ; ils devaient ranger avant de danser je suppose. Ils criaient ou chantaient aussi mais je ne comprenais pas les paroles.
D’autres montraient leurs fesses et brandissaient des pancartes Vive le Roy.
La confusion était totale et j’aimais bien.
Nous, on ne pouvait pas entrer – frustrants ces apéritifs réservés à cent personnes – alors on regardait et on chantait aussi selon les slogans.
J’aimais bien “CRS partout, justice nulle part”, ou “Cac 40, Cac 40″, réminiscence des fausses manifs de droite.
J’essayais aussi de lancer de nouveaux slogans.

Libérez Julien Palomo!
Ou
Mais il est où ? Mais il est où Richard Descoings, là là là là

Les gens souriaient mais ne me suivaient pas – je ne suis rien- et cela faisait un peu pshiit.

Les pourparlers étaient un peu longs alors avec des amis on buvait des pintes dans les gobelets de l’Abbaye, le bar des “Voleurs de poules” de Sciences Po. On aurait pu aller au Basile aussi mais c’est le bar des “Bourgeois” et, aujourd’hui, il fallait quand même choisir son camp un minimum.
C’est l’avantage de cette vénérable institution, on peut être “Bourgeois” et “Voleurs de poules” sans trop d’effort dans la même journée. Juste quelques mètres à parcourir.
Au bout de trois pintes, la pièce de théâtre commençait à s’essouffler, les CRS ne semblaient pas vouloir intervenir, commettre des abus et des bavures – en somme, devenir l’ennemi.
Tout le monde finit par sortir. Dispersion. Et moi de retourner à mon article sur la Princesse de Clèves à finir absolument.
Et de voir, minuit venant, trois ou quatre cents jeunes, joyeux et libres –manifestation sauvage- débouler avenue des Gobelins et remonter jusqu’à Châtelet, puis Montmartre.
J’étais sur mon balcon, ménestrel fatigué, et je regardais passer la petite histoire, sur le moment sans regret, trop occupé.

Quelques jours plus tard, je pense que c’était une erreur. Il y avait là événement, matière, remise en cause.

Il y avait là poésie, un peu violente certes- ou plutôt, en plus ! surtout !- Mais poésie, c’est évident. Ne jamais oublier les leçons de l’orphelin de l’Europe.
Parfois
Là où s’étend l’imaginaire
Kaspar Hauser surgit
Clopin-clopant- un cheval lui a démoli ses deux mollets-
Suis-je né trop tôt ou trop tard ?
Se demande-t-il
Je lui pose la même question
Qui suis-je ?

Bilan: Agréable

35, Rue de Grenelle
75007 Paris
01 45 48 39 30‎

Au rendez-vous du marché

Dans 06, Cafés, Restaurants le janvier 7, 2009 à 10:27

veillees15mars16

Il faut en profiter parce que cela ne va pas durer des années. Le tout petit bar Au rendez-vous du marché est une anomalie. Une exception en face du marché Saint-Germain qui disparaîtra le jour où la tenancière bretonne fermera. La cinquantaine, elle a toujours la mine impeccable. Ses foulards me rappellent ceux de ma grand-mère. Une fois passé la petite porte blanche, vous quittez Paris. Vous vous retrouvez à la campagne, quelque part entre Saint Brieuc et Loudéac. Trou du cul du bout du monde. Les tables ne sont plus toutes jeunes, ni la plupart des clients. Souvent des ouvriers. Change des bourgeoises empaillées qui mangent debout les quiches hors de prix de Gérard Mulot. Dans une petite pièce au fond, après avoir traversé la cuisine, on peut manger un des deux plats du jour au choix à des prix raisonnables. Que des classiques, biftecks, hachis parmentier… Le rouge décape mais n’est pas cher.  Il faut se serrer un peu et là, comme dans ces vieux bistrots de province, les gens chuchotent, n’osent pas trop faire de bruits. D’un coup, l’on a un peu honte de nos discussions futiles  alors que les hommes sont toujours aux champs et qu’on est sans nouvelle du fils d’Alphonse, parti depuis trois jours à la chasse aux sangliers. Pan ! Deux coups dans les fesses.
Dans une autre vie, la gérante aurait pu être Saucisse, cette « vieille lorette de Grenoble » qui tient le Café de la Route dans un Roi sans Divertissement de Jean Giono. Du charisme et toujours prête à boire le coup avec les habitués.
Dehors, il neige. La bête rode. Nous ne voulons pas retourner en cours.

« Le colporteur a beau ne passer qu’une fois par an, il laisse quand même assez de Veillées des chaumières à deux liards, pour qu’on connaisse Garibaldi, le maréchal Prim et les exigences de liberté. Déjà, on ne peut plus ignorer son siècle nulle part. »*

Malheureusement.

Bilan: Agréable

Au Rendez-Vous du Marché
9 rue Lobineau
Métro : Mabillon
75006 Paris tél : 01 43 26 71 95

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* Un Roi… Giono

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