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Les Frigos

In 13, Squats on mai 21, 2009 at 10:39

cage d'escalier des frigos

«Mon mec me bat»

La femme, la cinquantaine délavée, le décolleté qui tombe, s’assoit à côté de moi. Elle a des bleus sur les bras.

«Qu’est-ce que j’ai fais pour en arriver là ? »

Elle m’offre une cigarette. Elle parle. Deux vigiles s’approchent.

« Madame, vous pouvez nous suivre s’il vous plaît ? »
« C’est ça l’histoire de ma vie, être raccompagnée à la porte ! »

Elle disparaît.
Cantine solidaire des Frigos pendant les journées portes ouvertes.

Les anciens frigidaires des Halles sont un lieu formidable. Un bâtiment immense, vieille maison hantée, tâche saugrenue entre les immeubles modernes près de la BNF. Il y a 24 ans, une poignée d’artistes a investi les locaux. Depuis, ils sont toujours là. «A part ceux qui sont morts, tout le monde est encore là », raconte l’une au cinquième étage. « C’est incroyable le nombre de soirées qu’on a organisé. Beaucoup moins depuis la Guerre du Golfe. »
Les ateliers sont beaux, les œuvres sont pour la plupart inintéressantes, sauf là, ce tableau, là, ce film d’animation, ici, cet instrument étrange, tiens, une locomotive. La cage d’escalier est entièrement taguée, des fresques s’étendent sur les murs de certains étages.

les frigos fresques

Comme tout bon squat officiel de vielles personnes, à 22h, cela ferme. Sauf au troisième, où une soirée privée est organisée chez un Italien excentrique. Loubards à l’entrée, smocking obligatoire. L’on dit que «Dombasle et son chéri» rôdent parfois par là.

Vivement que l’insurrection vienne, que l’on soit une centaine et par un coup d’éclat, un soir de rébellion, notre horde de jeunes mettent tout ce reliquat des années Mitterrand dehors.

L’on gardera juste en otage ces Italiennes si fines aux talons si hauts – entretenir le fantasme – et l’on vivra dans la luxure jusqu’à ce qu’une nouvelle horde de jeunes nous disperse, nous ventile.

Bilan: Agréable

Les Frigos 19 rue des Frigos, 75013 Paris

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Laboratoire de la création

In 01, Squats on janvier 16, 2009 at 1:31

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« Je suis un peu vagabond. »
Basilio  rit. Basilio est Russe et sculpteur. 42 ans, barbe fraichement coupée et yeux bleus profonds. Depuis un an, il habite dans un ancien hôtel particulier au 111 rue Saint Honoré, un squat d’artistes géré par l’association le Laboratoire de la création. Le squat a été récemment officialisé par la mairie de Paris.
Auparavant, il a connu le 59 rue de Rivoli, un autre squat, les appartements des amis, la rue et les centres de rétention, onze mois au total.
Sans papiers, il n’est toujours pas régularisé malgré onze ans de présence en France. Sa demande est bloquée depuis deux ans et demi au tribunal. “J’aimerais bien rentrer à Moscou ou voyager, mais je ne peux aller nulle part. J’ai déjà fait de la prison dans cinq pays en tant qu’immigré. Parfois, la nuit, quand j’ai trop bu, j’entre dans un commissariat, ivre, et je hurle “Renvoyez-moi en Russie, je suis un clandestin ! “ Les flics me virent dehors en me disant d’aller cuver mon vin chez moi ».
Un petit lavabo, une débauche de pots de peintures, des draps qui sèchent, des tableaux, un bric à brac coloré et un lit spartiate, sa chambre-atelier n’est pas très grande. Alors, pour oublier, il arpente inlassablement les rues de Paris la nuit et/ou peste contre ses oeuvres qui ne lui conviennent pas.
“Hier, j’ai brûlé une partie de mes sculptures sur un quai.”
Il se lève, regarde l’homme bleu enfermé dans son monde.
” Lui aussi, je vais le brûler. “

Laboratoire de la création

111 rue Saint Honoré

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Bilan: Agréable

Une fois n’est pas coutume, deux articles pour le même sujet. Le premier est court, ressemble à la forme habituelle des Chocolats Viennois et s’adapte mieux à la photo. Et puis, c’était le deuxième soir, la fille qui m’accompagnait était jolie. So Chocolate donc. Mais le deuxième article, plus long, explique mieux le lieu, qui mérite, peut-être, plus que ces quelques premiers mots lancés dans le vague. Les deux ont été écrits il y a quelques mois déjà.

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