Sarrdanapale

Archive de la catégorie «Restaurants»

Au rendez-vous du marché

In 06, Cafés, Restaurants on janvier 7, 2009 at 10:27

veillees15mars16

Il faut en profiter parce que cela ne va pas durer des années. Le tout petit bar Au rendez-vous du marché est une anomalie. Une exception en face du marché Saint-Germain qui disparaîtra le jour où la tenancière bretonne fermera. La cinquantaine, elle a toujours la mine impeccable. Ses foulards me rappellent ceux de ma grand-mère. Une fois passé la petite porte blanche, vous quittez Paris. Vous vous retrouvez à la campagne, quelque part entre Saint Brieuc et Loudéac. Trou du cul du bout du monde. Les tables ne sont plus toutes jeunes, ni la plupart des clients. Souvent des ouvriers. Change des bourgeoises empaillées qui mangent debout les quiches hors de prix de Gérard Mulot. Dans une petite pièce au fond, après avoir traversé la cuisine, on peut manger un des deux plats du jour au choix à des prix raisonnables. Que des classiques, biftecks, hachis parmentier… Le rouge décape mais n’est pas cher.  Il faut se serrer un peu et là, comme dans ces vieux bistrots de province, les gens chuchotent, n’osent pas trop faire de bruits. D’un coup, l’on a un peu honte de nos discussions futiles  alors que les hommes sont toujours aux champs et qu’on est sans nouvelle du fils d’Alphonse, parti depuis trois jours à la chasse aux sangliers. Pan ! Deux coups dans les fesses.
Dans une autre vie, la gérante aurait pu être Saucisse, cette « vieille lorette de Grenoble » qui tient le Café de la Route dans un Roi sans Divertissement de Jean Giono. Du charisme et toujours prête à boire le coup avec les habitués.
Dehors, il neige. La bête rode. Nous ne voulons pas retourner en cours.

« Le colporteur a beau ne passer qu’une fois par an, il laisse quand même assez de Veillées des chaumières à deux liards, pour qu’on connaisse Garibaldi, le maréchal Prim et les exigences de liberté. Déjà, on ne peut plus ignorer son siècle nulle part. »*

Malheureusement.

Bilan: Agréable

Au Rendez-Vous du Marché
9 rue Lobineau
Métro : Mabillon
75006 Paris tél : 01 43 26 71 95

Agrandir le plan

* Un Roi… Giono

Le Panier

In 10, Bars, Cafés, Restaurants on janvier 4, 2009 at 5:23

Arretez le Monde je veux descendre

Que font deux parisiens sur une terrasse moite de New Delhi, un soir d’été, un soir de peaux dévorées par les moustiques ?
Ils s’échangent les bonnes adresses des restaurants dans la capitale en buvant de la Kingfisher et du whisky.
Et à peine deux semaines après mon retour d’Inde, m’y voilà. Par hasard. Avec l’Owen et les filles. Place Sainte Marthe près de Belleville, toujours bondée. En août, que des jeunes, des stagiaires et des premiers jobs. La terrasse est squattée par les bobos. Mais comment ne pas aimer cet endroit aux voitures si rares, l’absence de bruits,  les murs un peu décrépis et les petits volets ?
Il fait un peu froid – en ce début 2009, je ne sais plus vraiment ce que nous avions mangé, un plateau de charcuteries agréable,  je crois, et le gaspacho ne m’avait pas vraiment convaincu – mais, pour nous, c’est un bel été, le diable est loin sur les collines. L’on refait le monde, un peu, l’on boit, toujours, l’on rit, souvent. L’Owen continue de parler, il disserte sur la Grèce, Athènes, l’autre. Les filles l’écoutent attentivement.  Un peu comme ces compères, dans un autre temps, dans la campagne de Turin.

Pierretto riait. « Un ivrogne est un ivrogne, dit-il. Il ne choisit ni la drogue ni le vin. Il a choisi une bonne fois, des millions d’année plus tôt, lorsqu’il a poussé son premier cri de joie.
Rosalba se taisait, je n’osais pas la regarder.
-Il y a une innocence, dit Poli, une clarté qui vient du fond… »
« Et moi, je te dis, interrompit Pierretto, que si cette nuit tu as oublié l’heure, c’est parce que tu avais perdu la possibilité de choisir
-Mais cette innocence, je la cherche, moi, balbutia Poli, opiniâtre, plus je la connais, plus je me persuade que je suis vil et que je suis un homme. Es-tu oui ou non convaincu que la condition naturelle de l’homme est la faiblesse ? Comment pourrait-on se relever si d’abord on était pas tombé. »
Rosalba grignotait des cerises et se taisait.
*

Bilan: Agréable

Café Le Panier

32, Rue Sainte-Marthe, 75010

Tel : 01 42 01 38 18

*Cesare Pavese, in Le Diable sur les collines.

La maison Thaï

In 18, Restaurants on décembre 31, 2008 at 8:56

Têtes de femmes nues

Je ne sais même pas si ce restaurant a un nom… la maison Thaï je crois. « Gargotte que j’aime » serait sans doute l’appellation d’origine contrôlée la plus appropriée. Un de ces petits réduits où il faut oser pénétrer la première fois. On le regrette rarement ensuite. Il est possible de manger sur place, trois petites tables et une arrière-cour sans doute peu réglementaire, mais je ne l’ai jamais fait.
Toujours à emporter, chaque midi la file est longue,  deux barquettes de plats thaïlandais parfumés et une portion de riz font deux repas pour 4 euros 50. Une cantine meilleure que la plupart des traiteurs chinois qui souvent ont seulement pour fonction d’être des pousse-boutons de micro-ondes. Pendant un an, ils m’ont nourri, en alternance avec les cordons bleus en paquet de dix de marque Winny vendu au Paris Store tout proche.
Je n’ai jamais pu y emmener mes colocs. Pas confiance. Un peu peur. Quelle erreur !

La photo n’a rien à voir, une vitrine à Bruxelles. Pour compenser cette abondance de bustes offerts, un extrait d’un discours de Saint Thomas d’Aquin, après tout nous sommes rue de l’évangile.

“O nourriture des esprits bienheureux, qui sans cesse nous renouvelle et jamais ne s’épuise ! Tu n’es ni brisée, ni divisée, ni transformée ; mais, gardant ton intégrité et ta nature, tu nous rappelles le buisson antique, la farine et l’huile miraculeuses qui ne diminuaient pas.”

Exactement ce que je ressens quand je vais à la maison Thaï ou devant ces femmes, disparaissant dans l’arrière-boutique, blonde, brune ou rousse, je l’ignore, mais toujours à l’infini.

Bilan: Indispensable

La Maison Thaï

2 rue de l’évangile 75018

Agrandir le plan

Le Reflet

In 05, Bars, Restaurants on décembre 29, 2008 at 5:21

La tête pleine d’incompréhension, après avoir vu Serbis, Le Reflet nous accueille. Le petit resto/bar de la rue de Champollion, à l’enseigne au clap, où des milliers d’étudiants, souvent de La Sorbonne, sont déjà passés. Le lieu, je n’ai pas beaucoup de reproches à y faire, les prix sont décents, le vin rouge n’est pas très bon mais ce n’est pas son rôle, la serveuse, grand échalas à tête germanique, toute droite sortie du Fluc, est sympathique.

Mais c’est un lieu dangereux, où l’on risque de rencontrer des gens que l’on connaît. Un de ces endroits où l’on ne peut amener qu’une seule fille car l’on sait qu’elle risque d’y retourner seule ou de connaître déjà. Au contraire du Verre à Pied ou de la Charlotte de l’Isle, des terriers secrets.

Et bien ce sera elle, d’ailleurs, elle m’y pousse. Il faut bien un endroit où tout commence, sans supplier, au contraire de Beggin’, cette chanson de Frankie Valli et des Four Seasons qui ne cesse de me trotter dans la tête. Sautons, voguons, passons gratuitement, joyeux compères, dans Paris, il fait très froid. Ce qui ne résout pas les questions surgies de la moiteur de Manille. Qui, finalement, gardera le cinéma porno ? Existera-t-il toujours le temps que j’y aille ? Où ne sera-t-il qu’une bobine de film indistincte, disparue sous les couches de poussière des rickshaws locaux…

Bilan: Agréable

6 rue Champollion 75005 Paris

Agrandir le plan

Les Fous de l’Ile

In 04, Cafés, Restaurants on novembre 23, 2008 at 3:36

Les Fous de l'île

J’ai un peu de vague à l’âme quand je repense aux Fous de l’Ile.
Ce café/restaurant poulailler avait pourtant tout pour me séduire.
Un décor très agréable, une accumulation de poules et coqs favorables à la rêverie. Réminiscence d’enfance, quand, petit, je courais derrière les gallinacés du fermier voisin de mes grands-parents. Il était souvent ivre et n’avait que faire de ses petites poulettes. Le gros chien, Pato de son nom je crois, qui aboyait fort et la mare, un peu plus loin, largement putride.
« J’entendais presque les rumeurs de l’autre rive,
Ces rires d’enfants dans l’herbe haute,
Ces jeux des autres, à jamais des autres, dans leur joie. »
*
Car il est dit que depuis le jour sombre de la disparition, certains souvenirs seront toujours tâchés.
Comme ce chocolat chaud, qui tâche mon estomac. 5 euros, un nom ronflant, le chocolat des fous, et là où le dévoreur attend explosion des papilles, chocolat presque champignon magique, il n’y a qu’une eau tiède, presque froide, vaguement colorée de merde. Une honte.
A éviter alors ? Non, peut-être pas, grâce au décor et, si l’on respecte les règles du Chocolat Viennois original, surtout grâce à la personne qui m’accompagne.

Bilan: Pourquoi pas (mais la Charlotte de l’isle, tout près, c’est beaucoup mieux)

33, Rue des Deux Ponts, 75004 Tel : 01 43 25 76 67 – Fax : 01 43 25 76 67

Agrandir le plan

* La Maison Natale, Yves Bonnefoy

Bip Burger

In 18, Restaurants on novembre 15, 2008 at 7:05

Le Bip Burger n’existe pas par lui-même. Il lui faut tout un contexte. Un bon concert, à l’Elysée Montmartre ou autres, un pote, la nuit et, c’est mieux, un peu de pluie. Si tous ces éléments sont réunis, alors leur cheeseburger est un des meilleurs de la capitale, surtout pour 3,5 euros.
C’était un de mes points de repère sur la ligne 2, quand, ivre, je remontais en vélib’ les stations jusqu’à Chapelle, puis métro Marx Dormoy.

Le bip s’entend au loin, bip bip,
Et une fois passé, il résonne encore, bip bip.
Là je souris, je pense à Spoutnik, le satellite, pas le bar.
Spoutnik, bip bip, Spoutnik, bip bip.
En vélib’, poussé par le vent, il est possible d’aller plus vite qu’un satellite en orbite autour de la Terre. Tout le monde le sait.

Adresse: 74 Boulevard de Rochechouart, Paris 75018, France Téléphone: 01 46 06 62 68

Bilan: Indispensable

Agrandir le plan

Le Verre à Pied (2)

In 05, Bars, Photographies, Restaurants on novembre 7, 2008 at 9:48

lamouff1

L’article est là.

Le Verre à Pied

In 05, Bars, Restaurants on novembre 6, 2008 at 2:11

le verre à pied

Il est de ces lieux ; surtout les jours de bruine ; où si l’œil ne s’approche pas, il ne verra pas l’effervescence ; la vitre est trop sombre ; et malheureusement n’entrera pas.
Comme pour le Verre à Pied, petit bistrot de la rue Mouffetard. Il faut insister un peu pour que les parents, trop occupés à essayer des chapeaux d’un colporteur immobile, acceptent d’y pénétrer.
Des petites tables en bois chaleureuses et une cuisine familiale. Ce n’est pas très cher mais ce n’est pas très bon non plus.
Juste, le sentiment, que là où l’on est, nous sommes bien.
La tarte nous emporte, elle est délicieuse.
Je feuillète une petite revue poétique qui traîne sur un coin de table. Vers de mirlitons. Accrochés partout des tableaux ou des photos, assemblage hétéroclite, parfois juste des morceaux et quelques phrases du Kamasutra, que je note sur un coin de  journal, avant, évidemment, de l’oublier.
Si le point virgule est utilisé deux fois, c’est bien que bruine et sombre méritent d’être notés. Il y a des jours où les rayons de soleil ne sont pas aussi vivaces que souhaités et les sièges d’une salle d’attente d’aéroport restent désespérément vides. Mais je m’égare.

Les notes

Le lieu: 17/20 Encore très bien placé pour moi, évidemment.

Le prix: 10/20 Un peu cher finalement pour la qualité, le plat à 10 euros en vaut 8,5 maximum. Quelques jours après, j’y retourne avec une amie, qui apprécie le lieu aussi, mais qui regrette le prix du verre de vin, 4,20.

Le goût: 12/20 Ah les desserts…

Le voyage: Point bonus,  les patrons sont Hollandais

Le Verre à Pied, 118 rue Mouffetard.

Agrandir le plan

Bilan: Agréable

Chez Gladines

In 13, Restaurants on novembre 2, 2008 at 1:45

Le restaurant où vous ne pourrez jamais entrer. A moins de venir à 18h30, il y a toujours trop de  monde. De 20H à 22H, une vingtaine de personnes, gobelets en plastiques à la main, attendent dehors d’avoir un morceau de banc. J’y emmène donc Fahd un midi.
À peine si nous pouvons avoir deux places aux côtés de deux demoiselles sur une table bien étroite.
La nourriture est basque, généreuse et abordable. Assiettes simples et bien garnies.
Sur un coin, il me propose une nouvelle aventure. L’Imparfaite, revue érotique.
Évidemment, je dis oui.
Les grandes lignes se tracent, au crayon de bois incertain, sur la nappe jetable. Début d’une aventure.
Dans la salle bondée, personne ne prête attention à nos élucubrations, et surtout pas les très laides jeunes femmes qui nous servent de voisines.
Elles ne savent pas que là où nous rodons chaque jour, cela n’a jamais été fait.
L’existence de l’Imparfaite est une conquête sur le néant.
Dans l’Evolution créatrice, Bergson ajoute,  «Un verre a beau être toujours plein, le liquide qui le remplit n’en comble pas moins un vide.» (p.276)
Alors nous recommandons un pichet.

Le lieu: 17/20  Incontournable à la Butte aux cailles.  Décoration simples, symboles basques et graffiti de Mystik à l’entrée. Animé, vivant.

La nourriture: 15/20  entre six et douze euros le plat pour des assiettes ou des salades très bien garnies.

La beauté des serveuses: 10/20 Gentilles

30 rue des Cinq Diamants / 75013 Paris
Agrandir le plan

Bilan: Agréable

Breakfast in America

In 05, Restaurants on octobre 11, 2008 at 1:20

Le BiA représente une Amérique que j’aime. Une reproduction parfaite des vieux restoroutes le long des voies interminables. Quelque part entre Wichita et Dodge city. Plus loin, Santa Fe.
Les hamburgers sont délicieux, surtout après le meeting du PS à la Mutualité. À atteindre vainement un règlement de compte entre les candidats. Une fusillade à OK Corral qui n’est pas venue.
La déception.
Une bière pour oublier. Sur les murs, les photos des restoroutes mythiques du cinéma américain.
Après Santa Fe, pourquoi pas Albuquerque, Nouveau Mexique, pour aller discuter avec J-M G Le Clézio. Il paraît que c’est une ville parfaite pour écrire.
Je ne sais pas. Du Mauricien, j’ai l’image d’un écrivain pour collégiens. Désert ou Onitsha, que l’on nous demandait de lire en cinquième.
Des souvenirs de traversées, d’ambiances humides et enfumées, le long des anciennes colonies. Des maisons sur pilotis assaillies par les moustiques.
Et un petit garçon, curieux, qui observe sa mère dormir. Elle est nue, les jambes écartées. Il aime son pubis. Ce petit triangle noir.
Peut-être est-ce triste de ne pas avoir beaucoup plus d’images d’un prix Nobel. Peut-être est-ce ses images essentielles.
Il est 23h, nous terminons notre article, la salle se vide, la serveuse nous offre le café. Dehors, la pluie.

Les notes :

Le prix : 12/20 avec la formule étudiante à 7 euros 50 le midi, c’est tout bénef. Sinon environ 10 euros.

La beauté de la serveuse : 10/20 bon, elles sont anglo-saxonnes donc elles ne sont jamais très jolies. Mais souvent très gentilles, cela compense.

Le goût : 15/20 de vrais hamburgers immenses, des supers pancakes, tout est bon, sauf les salades, un peu décevantes.

Le lieu : 17/20 rue des écoles, tout près de chez moi, parfait.
Agrandir le plan

Bilan: Agréable