Sarrdanapale

Archive de la catégorie «Banquets»

No change (BIP squat)

In 10, Banquets on mai 14, 2009 at 3:37

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Je ne sais pas vraiment si No Change était le nom exact ou juste la petite pancarte sur la porte. Un squat près de Château d’Eau, occupé depuis décembre 2008.

Il y a 15 jours. Dernière soirée. L’ordre d’expulsion avait été donné pour la petite dizaine de résidents.
Certains – si j’ai bien compris – font des études d’arts, d’illustration. ..

Une exposition est organisée. Eux et leurs potes s’affichent sur les murs ; au rez-de-chaussée , un ancien magasin, des lavabos défoncés, des canapés moelleux où deux amies se tripotent. L’étage est pour les chambres. Des filles qui montent et disparaissent.

Toujours amusante, une soirée dans un squat, population hétéroclite,  surtout des jeunes étudiants bobos à la fac, dans des écoles d’arts, théâtre…parfois des vieux baroudeurs.

Qui, globalement, ce soir-là, refusent de savoir la suite. Le lendemain. «Sous quelque angle qu’on le prenne, le présent est sans issue. Ce n’est pas la moindre de ses vertus », nous susurre la première ligne de l’insurrection qui vient. Surtout quand un bar solidaire avec une bière à 1 euros tourne à plein régime.

Il y a cette jeune punkette, robe rouge, tête à moitié rasée. Grand sourire. Je n’ai rien à dire.

La plupart des dessins sont sanglants. Les femmes saignent des seins, des piques partout, une ménagère la tête dans le four, des jambes écartées violemment.

Il y a cette jeune fille, toute petite, elle étudie aux Beaux-Arts à Paris. Elle a toujours l’air triste. Peut-être est-ce pour cela qu’elle dessine des calligraphies d’animaux humanisés. Fuir les hommes ? Nous sommes des bêtes ?

[Ce soir-là, au 53 rue de Paradis, trop chaud, trop de monde , nous sortons au bout d’un moment, sous un de ces panneaux historiques de la ville de Paris. Que nous dit le texte ? Un armistice du temps de Napoléon a été signé là.]

Bientôt, ils partiront à la recherche d’un nouveau squat.

«Rien ne paraît moins probable qu’une insurrection, mais rien n’est plus nécessaire.»

Ou

No change ?

Bilan: Agréable

PS: L’on me dit dans l’oreillette twitter, que le véritable nom est B.I.P., le Bureau Intersquat Parisien.


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Palais de l’Elysée

In 08, Banquets on février 8, 2009 at 4:37

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Inderweltsein a gagné le Vendée Globe virtuel, c’est une bonne nouvelle. Pour une fois, un pseudo intéressant émerge de la masse. Et me voilà, philosophe de pacotilles, à réviser mon petit Heidegger. Qu’est-ce que l’être au monde ? Que lis-je ?

“Le rétablissement des liens avec le monde est le point de départ de Sein und Zeit.” Mais “L’existence préposition absolue, telle qu’est montrée par le phénomène de l’angoisse, révèle la structure intentionnelle du Dasein comme telle, détachée des objets du monde.”

Dit comme ça, ce n’est pas très clair. Mais si je repense au moment où Sarkozy termine son discours sur les Etats Généraux de la Presse Ecrite au Palais de l’Elysée et où il descend de la tribune pour serrer des mains (amies ou ennemies ?) et où, moi, je me faufile à travers la foule- j’espère le buffet- la grande salle, et où là j’aperçois la fontaine de fondue au chocolat, je crois que l’on peut se demander : suis-je détaché des objets du monde ?

Suis-je acheté par ces petites brochettes de poulet tandoori et ces montagnes de macarons ou agis-je comme un résistant, essayant de boire (du champagne rosé) et manger tant et plus pour rembourser les impôts sur le revenu versés par trois générations de ma famille ( « I want my money back », scandait l’autre.) ?

(Suis-je finalement, pour reprendre les paroles du poète, cet Al l’alpagueur d’algues sur étoiles (de mer), avec toutes les contradictions que cela entraîne ?)

Je crois que je parle trop fort, surtout quand je déclare, “ça y est, je suis de droite”, mes amis me conseillent de me taire (In-der-Welt-Sein).

Très joyeux, je n’y pense plus, je me demande juste pourquoi il n’y a que des hommes derrière le buffet, fort sympathiques au Demorand, et pas de jolies serveuses. Fait du prince ?  Je récite où plutôt, l’ivresse, je chevrote à voix basse, un poème érotique de Verlaine qui traîne dans ma poche.

Je suis foutu. Tu m’as vaincu.

Je n’aime plus que ton gros cu

Tant baisé, léché, reniflé

Et que ton cher con tant branlé

J’ai oublié la suite. Le nom de cette bagatelle ? Reddition.

Bilan: Agréable

Nuit Elastique

In 16, Banquets on janvier 8, 2009 at 6:26

L’homme, à genoux, lèche. La femme écarte les jambes. Je ne sais pas si elle est hideusement belle d’un ulcère à l’anus, mais, dans sa combinaison en cuir rouge, elle domine. Pisse. Il est un peu plus de 4h du matin. Pour nous, il est temps de rentrer, mais la Nuit Elastique bat toujours son plein.
Il y a des lieux où tu ne pensais pas aller forcément un jour, puis, finalement, poussé par la curiosité, attiré par la lumière – où, ici, la pénombre – tu pousses la porte.
D’une péniche, près de la maison de la radio, remplie de 500 personnes en cuir, vinyle ou latex, bientôt ivres.
Il y a les scènes de bondage avec ces jeunes femmes, à peine plus âgées que nous. Elles sont nues, enserrées de cordes, fouettées, parfois doucement, parfois plus fort. Un verre de Vodka pomme à la main, je regarde, un peu fasciné, plus du tout inquiet.
Pourtant, quelques heures auparavant, dans la longue queue des cabines d’essayage du Zara femme de Châtelet, je me sentais un peu idiot, mon legin en faux cuir taille M serré contre moi. Avec cette question qui me taraude, est-ce vraiment une bonne idée ?
Oui, évidemment, une des meilleures soirées de cette fin 2008, malgré le froid qui nous glace les os quand nous sortons pour fumer sur le ponton ou pour discuter un peu au calme avec les gens.
Comme avec le docteur Bootnfeet, star du fétichisme des pieds des soirées parisiennes et qui nous fait vibrer les mains.
La majorité des gens est charmante et nous avons des verres gratuits parce que le serveur est homo. Les femmes ne nous regardent pas, nous sommes trop jeunes avec mon camarade, mais cela n’a pas d’importance. Nous sommes juste contents d’être là et de nous balader à travers les petites salles, un peu voyeur.
Ca boit, ça danse, ça fouette, ça papote beaucoup, ça lèche. Dans une cage, les candidates de Miss Démonia défilent sur la musique de Futurama. Dans le donjon, des femmes écrasent le dos des soumis avec leurs talons. Une en a deux. Elle les fouette. J’en recroise un tout souriant, un peu plus tard, debout et fiers.
Là, je ne sais, je me souviens de Plume de Michaux. Il part en voyage et est valdingué et maltraité d’un bout à l’autre du bateau, d’un bout à l’autre de la traversée.
« Mais  il ne dit rien, il ne se plaint pas. Il songe aux malheureux qui ne peuvent pas voyager du tout, tandis que lui, il voyage, il voyage continuellement. »

Bilan: Indispensable

Nuit Élastique

Lieu variable, cette fois là dans le 16ème arrondissement.

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Un article un peu plus long a été publié aussi sur Rue69.

Siège du Parti Socialiste

In 07, Banquets on novembre 11, 2008 at 5:28

Au siège du Parti Socialiste, pendant les points presse de Stéphane Le Foll, il n’y a rien à manger et rien à boire.

Un lieu à éviter. La jeune fille assise sur les marches de l’escalier est aussi inconsolable que moi.

Parti Socialiste, de quoi es-tu devenu le nom ? Je regrette le temps de la gauche caviar.
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Bilan: A éviter

Salle B, Hôtel Cassini

In 07, Banquets on novembre 10, 2008 at 10:18

Après la déception de l’Elysée, j’étais plus que circonspect avant de passer un après-midi au 32 rue de Babylone, pour les États Généraux de la Presse Écrite.
Je ne sais plus vraiment pourquoi j’étais là-bas, il faudrait demander à mon chef, mais je me souviens qu’il y avait du monde.
Derrière un croissant surgelé, Patino et le Général d’Espeuilles.
Plus loin en train de déguster un café, Saint Simon dissertant avec quelqu’un de Publicis sur la tenue du Prince Auguste d’Arenberg.
A moins que l’homme de Publicis (en ce dimanche soir, j’ai oublié son nom, mais tout est là) discutait avec LVMH.
Mariet parlait beaucoup et Princen gribouillait des notes. Conte riait des blagues du Duc de Gramont-Caderousse tandis que Marquis, le syndicaliste, lorgnait le bronzage du Baron Nigra de l’ambassade d’Italie. Des petits pains au chocolat aussi.
Inventaire à la Prévert.
Je regardais, j’écoutais et, mine de rien, malgré ma volonté première de me concentrer sur les jus d’orange Pampryl, je trouvais la discussion intéressante même si, deux semaines plus tard, je mélange un peu les époques.

(Je n’ai malheureusement pas d’images, mon appareil photo boudait. Une jeune journaliste de Bordeaux m’avait promis de m’envoyer une ou deux photos. Ce qu’elle n’a toujours pas fait, si jamais elle lit ce petit texte…)

Bilan: Pourquoi pas

Elysée, aile ouest

In 08, Banquets on octobre 30, 2008 at 8:54

L’histoire de rendez-vous manqués.
Avec un agent de la paix qui paria sa paye que je n’entrerai pas dans la cour de l’Elysée.
Je le cherche encore pour qu’il honore sa parole.
Et, surtout, avec ces jus d’orange et de pamplemousse, apportés de suite par un serveur. Ils restèrent sur un coin de table tout du long, sans que nous puissions y toucher. Un peu trop à ma droite, c’est à peine si je pouvais les boire des yeux.
Et, pendant ce temps-là, Nicolas Princen nous parlait des Etats Généraux ; insensible à ces jus qui tournaient ; qui pleuraient à force de ne pas être consommés.
Je repensais à tous ces travailleurs immigrés du sud de l’Espagne ou de la Floride. Un si dur labeur, pour que les fruits du paradis finissent dans l’évier de l’Elysée, faute d’être appréciés.
Alors que nous parlions communication ou journalisme, je ne sais plus, je sentais monter en moi une indignation steinbeckienne ; cela, littéralement, bouillonnait.
Je finis par partir, triste, sevré d’oranges de la colère, cherchant désespérément dans les rues du 8ème arrondissement une femme. Pour la téter afin d’étancher ma soif inassouvie.

“Well,” said Casy, “for anybody else it was a mistake, but if you think it was a sin—then it’s a sin. A fella builds his own sins right up from the groun’.”

Les raisins de la colère, John Steinbeck

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Bilan: A Eviter