Sarrdanapale

Archive de la catégorie «12»

L’Appart

In 12, Bars on mars 1, 2009 at 5:21

annees20

L’étage est le principal intérêt de ce petit bar. La musique du rez de chaussée est trop insignifiante pour s’y attarder. En haut, des communautés peuvent se regrouper pour un soir et faire la fête tranquillement. Dans les meubles des grands-parents, vieux fauteuils imitation 19ème, chaises sur le même modèle, murs jaunis et tapisseries décrépies. Je crois que l’une est une scène de chasse sans grand intérêt.

Décor avec un vrai charme, l’on se sent à la fois en sécurité et, d’un autre côté, l’on peut tout détruire, de toute façon cela appartient à un autre temps. Clairement, c’est la crise. Le thème de la soirée, les années folles, tendance 1929 et krach boursier, filles en robes noires. Et les chapeaux… Rue du Faubourd Saint-Antoine, retour en arrière pour échapper à l’avenir ou pour mieux sauter ? Tout le monde ne s’est pas déguisé, dont moi. Oubli ? Timidité ? Ou conscience que les années 30 arrivent à grandes enjambées ?

Bilan : Agréable

L’Appart

164 rue du Faubourg Saint-Antoine 75011

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L’OPA Bastille

In 12, Bars, Boîtes on février 19, 2009 at 10:27

alois et fahdL’OPA Bastille n’achètera pas publiquement mes sentiments. Certes, réhabiliter une ancienne fabrique est toujours une démarche intéressante. Mais pourquoi n’avoir pas garder un peu de béton et des vieux débris rouillés ?

Comme si la sueur et le sang devaient forcément disparaître. Ils auraient très bien pu rester à voguer dans l’air ambiant, pour stimuler et exciter les quidams de passage. J’aurais souhaité un zinc dégingandé, des poufs éventrés et des amoureux qui se tripotent dans les coins, tatoués, balafrés et un peu malades.

Las ! Nous sommes à Bastille, de l’autre côté certes, direction gare de Lyon, mais tout de même, ambiance lounge et garnements en slim. Le lieu est agréable, mais pourrait être mieux. Surtout que le groupe de ce soir-là, Sir No Sir, me déçoit, pas assez rock par rapport au Myspace. Et what a bad idea de réserver l’espace devant la petite scène aux tables basses et coussins et de relayer les gens debout à l’arrière. Musique est mouvement.

Pourtant, Monsieur non ! l’ambiance est à la Révolution. Ce matin-là, déboulant en vélib’ le long de la rue de Gay Lussac, j’avais envie de crier, «ce vouloir obscur» et «cette soif irrémédiable». Une aspiration à la poétique, un peu puérile, à mi-chemin entre un Werther souffreteux et un Frédéric Moreau de 48. L’on me susurre Julien Sorel. Peut-être.

Je ne sais pas d’où cela vient. J’essaye pourtant chaque jour de ne pas penser, comme on me l’a appris. Peut-être résonance de l’appel des intellectuels antillais ; lu la veille. Je ne sais pas.

Ce n’est que la nuit venue, de retour de l’OPA, un peu ivre, au carrefour de la rue de la Reine Blanche, de la rue Ourdy et de la rue Lebrun ; en descente, espace étroit et résonnant ; je me lève ; droit sur mon vélib ; tend mon poing et hurle – aussi fort que je puisse rester grave sans dérailler vers des aigus qui m’auraient amené à imiter bien malencontreusement la légitime persécutrice d’AliceLiberté !

(l’écho)

Liberté !

Une seule fois suffit à me rendre heureux pour les trois prochains jours. Je sais que la poésie et l’action déboulent ailleurs en ce moment, en Guadeloupe, là où les mauvaises consciences de notre temps rugissent. Mais, à Paris, ce soir-là, je n’avais que l’OPA, les gamins slimés, la bière trop chère, le groupe pas assez bon, la serveuse aux belles courbes généreuses et les deux grosses – que dis-je, énorme !- spectatrices anglaises devant moi. Assemblage hétéroclite qui m’annonçait, me hurlait, qu’il est temps de crier le nom de Liberté.

Bilan: Agréable

OPA Bastille

9, rue Biscornet 75012

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