Sarrdanapale

Glaz’Art

In 19, Bars, Boîtes on août 9, 2009 at 7:28

glazartMême loin des quais de la Seine, il y a des plages à Paris. Porte de la Villette, presque sous le périph’, le Glaz’Art a déversé du sable dans son grand jardin.

Ce soir-là, un couple électro de belgo-japonais essaye d’aligner trois notes justes et un groupe de punk-rock américain me ferait presque regretter Sum41, le souvenir des soirées sur l’île de Ré, des femmes tombant (sautant ?) légèrement vêtues dans l’eau froide de la piscine.

Mais, après analyse, il s’avère que parfois la programmation peut être vraiment intéressante.

Nous ne sommes pas assez roots pour aller sauter devant la scène ; nous préférons donc jouer à la pétanque. Les boules sont à libre disposition.  Je sors vaincu d’un combat épique.

Le lieu est très agréable, même les SDF sur la colline nous surplombant aiment le spectacle. Je m’étale sur une chaise longue. A côté de moi, un homme a bu beaucoup trop de Kronenbourg. Son ventre ressemble à une lune rouge bien pleine. D’une oreille distraite, j’écoute la musique. Mon âme s’en va nager.

«Quantité de personnes ont ainsi une âme qui adore nager. On les appelle vulgairement des paresseux. Quand l’âme quitte le corps par le ventre pour nager, il se produit une telle libération de je ne sais quoi, c’est un abandon, une jouissance, un relâchement si intime… »

Paresse, Henri Michaux

Bilan: Indispensable

Glaz’Art

pendant l’été, du mercredi au samedi, l’entrée est gratuite à partir de 19h

7, Avenue Porte de la Villette
75019 Paris
01 40 36 55 65


View Larger Map

Rex Club

In 02, Boîtes on août 2, 2009 at 11:04

6Au Rex Club, il est toujours facile d’entrer. Même quand vous êtes trois mecs, un peu avinés, refoulés du Social Club et de tous les pubs immondes des Grands Boulevards.
Après, jusqu’au bout de la nuit, il suffit de danser
Au Rex, cela sera presque toujours très bien, vous le savez déjà, je n’insiste pas.
Je danse.
Une jeune fille s’approche.
Elle me demande si j’ai étudié à Vienne, je dis oui.
Elle me demande si je viens de cette petite île au bord de l’Atlantique, je dis oui.
Elle me dit mon nom, c’est bien le mien.

Tu ne me reconnais pas ?
Non…

Caro de Wien, et des centaines de souvenirs resurgissent en moi.
Je me souviens
Le Flex, le Fluc Wanne, tous les boîtes/bars, le Danube, les bars de l’amour de Praterstern, le parc. Il faudrait que j’y retourne.
Nous dansons, elle est avec une amie, il est six heures, elles nous quittent, nous prenons un kebab, le jour se lève, métro.
Je repense au début de soirée. A ce musicien chinois que je croise régulièrement à Châtelet ou République. Un instrument traditionnel étrange qui résonne à travers le corps, une voix qui glace le sang et rend l’âme nostalgique.

De l’autre côté de la montagne, il y a définitivement un paradis perdu.

Je laisse une pièce, je l’imagine, comme le jeune homme sur la photo, jouer imperturbable entre les métros qui passent à travers lui. Il les ignore. Concentré sur son art.
Une bouteille de Tsingtao à la main, autour de sa chaise, nous dansons.

Bilan: Indispensable

5, Boulevard Poissonnière
75002 Paris
01 42 36 10 96

Photo Vice Maciek Pozoga


View Larger Map

Le café du musée

In 07, Cafés on juin 23, 2009 at 10:24

Le chocolat chaud de ce bar est bien décevant. Certes, il paraît appétissant avec sa couche de cacao un peu épaisse qui susurre que, peut-être, il a été préparé avec amour.
Puis, une fois que la cuillère écharpe le tout, l’on se rend compte  vite que ce n’est que de l’eau colorée.
Déception.

Pourtant son prix doit être conséquent, comme dans tout café à l’angle de la rue de Varenne et du Boulevard des Invalides. Notre rédac chef d’un jour, Alain Génestar, nous l’offre gracieusement. Nous devons interviewer Michel Barnier, candidat aux européennes, dans ses bureaux du Ministère de l’agriculture et de la pêche. En attendant l’heure nous peaufinons les questions dans le café le plus proche.

Au ministère, je feuillette une revue agricole laissée négligemment sur une table. L’ancien (futur) commissaire européen a promis de venir, mais… le temps passant, l’on comprend que, retenu par les embouteillages, il ira directement à son meeting de Levallois.

Un coup dans le lait.

Heureusement, c’est un soir de finale Ligue des Champion. Rater l’interview permet de pas manquer le début du match. Et Barcelone…

Entre le café du musée et le Ministère de la pèche, il y a une vieille blanchisserie/teinturerie.


View Larger Map

Je me demande si, ce soir là, le chinois -c’est forcément un asiatique- regarde le match en repassant le costume d’un archiduc. Et le conservateur du musée Rodin tout proche, pour l’aider à survivre, vient-il tremper ses Vénus dans ses bassines pour qu’elles soient plus blanches ?

Je pense, oui.

Bilan: A éviter

Image: Nu féminin debout dit de la Naissance de Vénus dans un vase
tubulaire, 1895-1910, plâtre et céramique antique

Auguste Rodin

Illustration: Languelot


Café du Musée

angle de la rue de Varenne et du Boulevard des Invalides

75007 Paris

View Larger Map