Sarrdanapale

Le Bar du marché – Montreuil

In Banlieue, Bars on février 8, 2010 at 9:35

Le bar du marché à Montreuil. Tous les dimanches, concerts gratuits à partir de 17H. Le demi est à deux euros 50. Les potatos semblent bonnes. J’accompagne Axel et Damien. Venus regarder le groupe d’une de leur amie. Dalaï Papa.

Là, déflagration. Le choc. Il faut revenir une nuit en arrière pour comprendre.

Samedi soir. 4èmearrondissement. Près des Arts et des Métiers. Un bar, le Andy Wahloo. Beaucoup de monde. La queue. Une liste. « Vous ne pouvez pas rentrer messieurs ». Finalement, nous sommes à l’intérieur. Il paraît que c’est à la mode. Branché. Et que tout le monde veut aller là. Pourquoi pas. Moi, je ne veux pas.

La musique ? Je n’aime pas.

La décoration ? Je n’aime pas.

Les filles, avec les talons immenses, qui dansent ivres ? Je n’aime pas.

Je crois que je n’aime rien. On me le reproche.

Là, nous sommes à nouveau dimanche. J’entre dans le bar, plein, place du marché à Montreuil. Je comprends que je suis mieux ici. Les filles sont plus simples. Elles sont plus jeunes. Ce ne sont plus les Anglaises avec des rides qui ravinent le visage et les seins qui voudraient tomber mais qui sont retenus par des soutiens-gorge sans nom.

Ici

Les jeunes filles sont belles.

Notamment la chanteuse. Et la musique, entraînante. Un peu Caravan Palace. J’ai peur. J’ai peur parce que je sais que cela ne durera pas. Par mes activités, par la logique de la nuit parisienne, je suis amené à être toujours plus emmené vers des Andy Warloo ou équivalents. Si c’est cela grandir, je crois que je ne veux pas. Je veux rester immature. Toujours jeune.

Sur le chemin du retour, je m’arrête au Mim’s, rue d’Aligre. Pour commander le Tortillas local. Devant ce fast-food/kebab, une bande est toujours là. A trainer dehors, casquettes et survêtements. J’attends que le poulet cuise. Sur le grand écran, NT1 diffuse un –de 16 ans des années soixante. Qui semblent être plutôt élégant. Un grand black entre.

« Attends il passe un film de cul ça va pas ».

Il cherche une autre chaîne.

« Encore un film de boules, putain y a que ça ».

Enfin M6, Zone Interdite. L’ensemble de la bande entre et commence à regarder.

Roger Vaillant fonda avec ses amis de lycée, René Daumal et Roger Gilber-Lecomte, le Grand Jeu. Revue littéraire, groupement poétique, fin des années 20. Quête de l’absolu. Il mourut à 57 ans après une belle carrière de grand reporter et un prix Interallié pour Drôle de jeu. Ses deux camarades s’éteignirent à 36 ans. Au soir de sa vie, il écrivit, avec quelques amertumes :

«Des trois que nous étions, deux sont morts, pour avoir mené avec trop d’intégrité notre entreprise démesurée. Je n’ai survécu qu’à force de légèreté et de légèreté. »

Le choix. La grande question.

Bilan: Indispensable.


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9, Place du Marché, 93100 Montreuil

Le Penty

In 12, Bars on février 2, 2010 at 11:32

« Mais pourquoi on s’embête à aller loin alors qu’on a le meilleur rade de Paris en bas de chez nous ? » me demande Arnaud.

Tout est résumé. Sur la place d’Aligre, dans un coin de la rue Cotte, un bar. Avec un vieux gérant, des sièges de brasserie pourries et une télé (neuve).

Le chocolat chaud est honnête et pas cher et la bière, à 1 euro 90, à toute heure du jour et de la nuit, rafraîchit. Surtout, il y a ces petits amuse-gueules, carottes et patates dans une sauce piquante, que je ne peux m’empêcher de dévorer. Délicieux.

Dimanche, finale de la coupe d’Europe de Handball. Je la regarde en lisant Libé. L’article sur Boltanski où sa parole s’envole.

«Faut-il se consacrer à une personne, plus qu’au monde ? On dirait : il aimait tout le monde, cela l’empêchait d’aimer quelqu’un. Se consacrer au monde est un si grand engagement… Alors, on se rend forcément très égoïste… On n’est plus que son art. C’est bien. Et en même temps, c’est rassurant, c’est plus facile à vivre. Ceux qui changent la vie sont peut-être plus dignes. Ou alors ils se mentent à eux-mêmes. »

Presque toutes les populations du onzième fréquentent ce bar : les vieux pochtrons, les jeunes bobos, les arabes qui bossent au marché . Et les services de propreté de la ville de Paris (très important place d’Aligre).

Ce bar est si bien mais si particulier que jamais je n’y emmènerai une fille que je désire conquérir. Trop compliqué pour elle, surtout si elle est de bonne famille ; elle serait forcément déçue.  Je le garde comme un petit endroit secret. Pour mes camarades alcooliques et autres jouisseurs.

« Eux aussi, ils pensent : encore une minute Monsieur le bourreau. C’est la plus belle phrase d’un être humain. Aimer la vie. Dieu est un vieux salaud. Moi, je dirai cette phrase. Je veux vivre d’une mort lente, je suis trop jouisseur, j’ai trop d’amour pour cela. Je m’amuse bien, je mange bien.»

Bilan: Indispensable

PS : et sinon à regarder le clip du Parti Pirate, très bon.


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Le penty

15 rue Emilio Castelar – 75012 PARIS

Sésame

In 10, Cafés on novembre 16, 2009 at 10:25

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Depuis que j’avais un peu délaissé ce blog, je n’avais plus le vraiment d’endroits pour raconter n’importe quoi à n’importe qui. Tous mes rares lecteurs savent que commenter des bars ou des cafés n’est qu’un prétexte. Ca me manquait.

Un dimanche midi au Sésame le long du canal Saint Martin. Avec l’homme tombé dans des douves pour les beaux yeux d’une femme – un acte furieusement moyenâgeux, carrément romantique.

Sésame – Le nom est malheureusement immonde mais j’apprécie ces ambiances très bobos inspirées des villes germaniques. Tables en bois, nourriture vaguement bio, des couples, des enfants en bas âges mais déjà surdoués évidemment et la serveuse lesbienne. Ressemble au Café der Provinz à Vienne.

Le smoothie du jour et la tartine au reblochon ne sont pas inintéressants, mais j’en ai déjà oublié le goût. Journée de novembre, il fait bon. Il y a trois clodos qui chantent juste à côté. L’un tombe mollement sur la piste cyclable et peine à se relever. Une roue de vélo qui passerait le décapiterait.

Ensuite, je ne fais pas grand-chose. J’aime que cette scène de sexe intergénérationnel passe à une heure grand public ; je ne suis pas certain que ce film ne soit pas un porno ; j’alterne entre France Culture et Prohibition car je suis caricatural ; à la place de Okada, je serai parti avec Creta Karno ou avec la petite ouvrière de l’usine de perruques ; mais alors l’Oiseau à Ressort n’aurait pas duré 800 pages ; en ce lendemain de victoire française, je trouve que décidément les femmes sont bien étranges ; peut-être que tout cela n’a aucun rapport. Quoique.

Bilan: Agréable


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Sésame

51 Quai Valmy, 75010 Paris